MÉMOIRE

GREETINGS FROM WAKTINS GLEN

Philippe Robert

En son temps, l’ouvrage consacré à François Cevert par Johnny Rives a remué beaucoup de souvenirs. J’étais moi-même resté « scotché » sur l’image de la clef de sa chambre au Glen Motor Inn, demeurée quarante ans enfouie au fond de son attaché case, comme on disait alors. Je m’étais promis d’aller voir là-bas, un jour.

Je ne m’attendais à rien de spécial. Je ne m’imaginais même pas trouver sur place quelque chose de plus ou moins semblable, encore moins d’intouché. En Amérique, tout change si vite et si peu de choses sont sacrées, que… tout peut arriver. Seule certitude : j’irai à Watkins Glen pour voir et renifler l’ambiance de ce coin, lors d’un prochain voyage aux États-Unis.
Et lors d’un voyage professionnel à New York avec mon associé et compère Christian (pilote en rallyes historiques : Monte Carlo, Tour de Corse…), nous avons décidé d’ouvrir cette étrange parenthèse.
Day One – This hard land
Nous étions arrivés dans la Grosse Pomme l’avant-veille avec 20° C et une ambiance de printemps très attendue. Badauds et locaux dînaient dehors, le soir, dans les rues de Manhattan. Cela sentait vraiment le printemps avant qu’une vague de froid totalement inattendue, suivie d’une tempête de neige, ne surgisse sans prévenir. À croire que les esprit des lieux, ou du moins ceux du Glen, nous suggéraient de laisser les souvenirs et la mémoire de François Cevert reposer en paix. Que l’engouement qu’il suscite, plus encore aujourd’hui qu’hier, ne leur plaisait pas du tout. Fallait-il écouter les augures ? Suivre ses rêves de gosses ? Nous ne nous sommes pas posé de question. Nous avons levé l’ancre dans l’après-midi, depuis le New Jersey, à 30 miles de New York City, pour quatre bonnes heures de route. Il faisait beau mais froid, à peine quelques degrés. Heureusement, la radio susurrait de la country du Sud qui nous réchauffait un peu.
La route s’est faite uneventful, comme ils disent ici. Sans histoire, quoi. Nous remontions des vallées boisées qui ne respiraient pas encore le printemps et nous nous enfoncions plus avant dans cette Amérique profonde, celle des granges, des backyards avec barbecues et chaises en désordre. Le long des routes, les maisons apparaissaient petites, souvent défraîchies, à l’instar du parc automobile globalement très attaqué par le sel et la rouille.
Quand nous nous sommes approchés de Watkins Glen, le soleil a disparu et l’autoroute aussi. Les habitations semblaient de plus en plus décrépites, les caravanes habitées étaient aussi plus présentes, mais l’arrivée à Watkins Glen a, malgré tout, été plaisante. Peut-être était-ce du au soulagement que l’on ressent à l’approche du bar ? Qu’importe, nous y étions enfin. (Découvrez la suite du reportage dans le Grand Prix #27).

Bruce Sprigsteen,
« The gost of Tom Joad »

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2018-08-27T12:50:50+00:00
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