SOUVENIR

DANIEL SEXTON GURNEY

Pascal Dro | The cahier archive/F1-photo.com

Le 14 janvier dernier, à 86 ans, Dan Gurney tirait sa révérence. Aujourd’hui peu connu chez nous, il avait été bien plus célèbre après ses deux victoires au Grand Prix de France de Formule 1 et aux 24 Heures du Mans 1967, associé à A.J. Foyt. Il était l’incarnation d’une Californie industrieuse, géniale, décomplexée, simple et dotée d’un humour potache et très particulier qui se lançait à la conquête du monde. Quel homme, quel champion, quelle leçon.

Il existe un paradoxe avec Dan Gurney comme il en existe un avec Jim Clark. Chez nous, en France, quelle que soit la qualité de l’histoire que vous raconterez sur l’un ou l’autre, quitte à faire avec eux les couvertures du magazine, vous irez directement au casse-pipe. La raison ? Personne ne connaît vraiment l’ampleur de leur légende, ni leur influence sur le sport automobile. Ou si peu que les ventes seront trop faibles pour assurer l’indispensable équilibre financier.
Pourtant, tous deux comptent indiscutablement parmi les plus grands pilotes et les plus passionnants personnages de l’Histoire. Alors, que faire ? Nous avons consacré une « une » à Lord Jim, dans Grand Prix #3. Nous avions subrepticement « glissé » Dan Gurney en couverture de Grand Prix #6, consacré à François Cevert. Nous avons poursuivi cette campagne dans Grand Prix ?? en refaisant le Cannonball qu’il a remporté en 1971, finissant chez lui, à Santa Ana. Il était donc impensable, quitte à risquer le fiasco, de ne pas consacrer ce numéro à Dan Gurney, qui nous avait accueilli chez lui avec une infinie gentillesse, voici quatre ans.
Cette aventure-là nous avait valu l’immense privilège de passer un après-midi extraordinaire, avec lui dans ses ateliers du All American Racers, fondé en 1964 à Long Beach avec Carroll Shelby et demeuré si cher à son cœur. À l’époque, des militaires armés gardaient le lieu sans la moindre intention de plaisanter avec les visiteurs. Il faut dire que AAR travaillait alors pour l’armée sur le développement de drones. Dan Gurney nous avait reçu avec un sonore « Mais vous êtes des malades ! Idiots ! » avant d’éclater de rire et de passer le reste de la journée à nous montrer son petit musée personnel rempli d’Eagles et d’Alligators, ses ateliers (où est née la Deltawing du Mans, que nous avions vue là avant tout le monde) et les photos de ses amis dans son bureau aux souvenirs. Dan n’avait rien à voir avec les champions croisés jusque-là en Europe et ailleurs. Rien, ici, n’était fait pour célébrer sa gloire mais plutôt pour rendre hommage aux amis disparus, aux bons moments partagés et à la course automobile et à la moto qui furent toute sa vie. (Découvrez la suite du reportage dans le Grand Prix #26).

David Bowie, « Heroes »

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