INTERVIEW

PASCAL VASSELON : DIRECTEUR TECHNIQUE DE TOYOTA

« La 19e tentative… »

Pascal Dro

Comment rebondir et remobiliser une équipe, quand, après 18 tentatives, la victoire se dérobe à nouveau, à quelques secondes du but ? Réponse : en s’engageant corps et âme dans une 19e tentative. Pascal Vasselon, le directeur technique raconte. Il y a du Niki Lauda dans cette manière rationnelle d’aborder le défi du Mans. 

Personne n’a oublié les derniers tours de ces incroyables « 24 Heures » 2016, quand la Toyota de tête, qui avait course gagnée, s’immobilisait sur la piste. Stratégie pour passer à deux voitures sous le drapeau ? Petite panne passagère ? Eh bien non. Très vite, la planète automobile réalisait que Toyota était à nouveau en train de perdre au Mans. Et pourtant, plus encore qu’en 1999, plus encore qu’au cours des dernières éditions, la machine semblait au point, parfaitement huilée et totalement efficiente, avec deux voitures en piste.
Une déception totale que l’équipe Toyota digérait sans délai, de la meilleure des manières, en repartant à l’assaut du Mans 2017. Si bien que, depuis le prologue de Monza, au début du printemps, le Japonais aligne une TS050
« cette TS050 ne partage aucun composant commun avec la version précédente. D’une part parce que la réglementation a changé. Et, d’autre part, parce que nous souhaitions reprendre notre réflexion pour aller, dans chaque domaine, plus loin encore en termes de qualité, de poids, de fonctionnalité ».

Pascal Vasselon nous apparait plus analytique et plus « ingénieur » que jamais :
« Dans la course comme dans la vie, le zéro défaut n’existe pas. Il faut le viser et s’en approcher mais il restera toujours des possibilités de défauts et de pannes. En ce qui nous concerne, nous travaillons dans le cadre d’un budget et cette recherche de qualité voit, elle aussi, ses limites fixées par ce cadre budgétaire. C’est là l’un des facteurs de notre engagement et nous travaillons dans ce cadre ».
Pour 2017, Toyota arrive au Mans sur des victoires conquises dans chacune des épreuves d’ouverture du championnat du monde, à Silverstone et à Spa-Francorchamps. Mais, également, avec trois autos qui roulaient en Belgique dans les deux configurations aérodynamiques. Cette fois, avec un nouveau moteur (V6 essence 2.4 à double turbo et injection directe, combiné à un système hybride 8 MJ et à des batteries à la place des capaciteurs), une TS050 Hybrid totalement revue selon les évolutions du règlement, des possibilités de développement aérodynamique limités en cours de saison… c’est à une redistribution des cartes que l’on a assisté avant le début de la saison.
Mais c’est avec deux victoires au compteur et trois autos parfaitement au point (et le retour de Nicolas Lapierre dans l’équipe !) que Toyota débarquait au Mans. Pascal Vasselon, le directeur technique français de cette équipe très cosmopolite, explique, d’une manière purement rationnelle, sans place à l’émotion, ce que sera la course des TS050.
L’émotion, ce sera pour plus tard. (
Découvrez la suite du reportage dans le Grand Prix #24).

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